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Conseils sur la méditation profonde

Introduction

Les trois parties du chemin

Le cheminement complet vers la délivrance de l’esprit se divise en trois parties :

  • sīla, un comportement vertueux, aussi irréprochable que possible
  • samādhi, un esprit bien discipliné, capable de se stabiliser sur n’importe quel objet
  • pañña, la sagesse, la connaissance de la réalité, la compréhension profonde des choses

Ici, il sera question de samādhi, qui se construit avec samatha, la "tranquillité", que nous appelons également la "méditation profonde", car l’esprit peut être si profondément absorbé qu’il ne perçoit plus rien d’autre qu’une équanimité parfaite, dépourvue de toute sensation. Vous allez apprendre à discipliner votre esprit pour le contrôler et le maintenir hors de portée des désirs sensoriels, de l’excitation, de la malveillance, de la torpeur, des tracas et des doutes.

Le sīla est indispensable pour développer convenablement le samādhi, ainsi que le samādhi l’est pour accéder à pañña. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire de développer pleinement les deux premiers pour les pratiquer tous les trois ; les trois parties du chemin se développent conjointement, en se soutenant les unes les autres.

Un outil puissant

Comme vous le verrez dans ces conseils précis pour la méditation profonde, mais surtout comme votre pratique assidue vous le montrera, cette méditation écarte non seulement tous les obstacles à la pleine conscience – vipassanā –, mais elle lui donne toute sa potentialité.

Métaphore
Samatha est pour vipassanā ce que la voiture de sport est au pilote de formule 1 ; il avance bien mieux avec sa voiture qu’à pied. Votre "voiture de sport" prendra peut-être du temps à se construire, mais le jour où vous prendrez la route, vous serez bien content de n’avoir pas tenté d’y aller à pied, comme hélas tant de méditants dépourvus de patience, ou mal guidés, qui ont pris la route sans attendre.

Une étape incontournable

D’aucuns affirment que la méditation profonde n’est pas indispensable, d’autres qu’elle est nécessaire pour acquérir la pleine sagesse. Qui écouter ? Réponse : celui qui a fait connaître au monde cet enseignement ! En effet, lorsque Bouddha enseigne le chemin vers l’Éveil, il invite systématiquement à commencer par cultiver le samādhi jusqu’aux absorptions.

Par ailleurs, il a affirmé n’avoir enseigné que ce qu’il est nécessaire de connaître pour parvenir directement à la délivrance. Pourquoi donc aurait-il demandé à ses disciples de pratiquer quelque chose qui prend du temps si cela n’avait pas été nécessaire ? À chacun de savoir s’il souhaite suivre le chemin à moitié ou jusqu’au bout.

Un bon entraînement à la méditation profonde est donc indispensable au chemin qui mène à la fin de tous les tracas, à la paix définitive, à l’accomplissement spirituel ultime.

Le souffle, objet universel

Les conseils suivants tiennent compte essentiellement d’ānāpāna, la sensation du souffle respiratoire entrant et sortant par le nez. C’est un objet toujours présent avec soi, tangible et d’appropriation assez facile pour la plupart des pratiquants. Cependant, ces conseils sont presque tous aussi applicables pour les autres objets de la méditation samatha. Selon vos affinités, rien ne vous empêche donc de méditer sur un autre objet, tel que la couleur blanche, le sentiment de bienveillance ou la vénération envers les qualités de Bouddha.

Cette méditation de la tranquillité est on ne plus facile à cultiver. Les seules difficultés rencontrées dans sa pratique sont vos mauvaises habitudes, vos vues erronées, votre paresse et vos doutes. Les conseils qui vont être donnés ici ont précisément pour but d’écarter ces difficultés l’une après l’autre, jusqu’à ce que soit bien dégagée votre route vers la cessation définitive de toutes les insatisfactions.


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